Habiter Espaces habités Entre espaces et temps, Benjamin Pradel, un sociologue urbaniste des lieux en devenir
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Entre espaces et temps, Benjamin Pradel, un sociologue urbaniste des lieux en devenir

Entretien Leroy Merlin Source avec Benjamin Pradel, sociologue et correspondant Leroy Merlin Source


Entretien

Docteur en sociologie depuis 2010, Benjamin Pradel a construit ses dernières années un parcours de chercheur et de consultant, dans un premier temps sur les questions d’urbanisme et de mobilité, à la jonction d’enjeux immatériels et d’autres bien concrets : l’immatériel des temps et rythmes de vie, le concret de l’urbain et des territoires.
En rejoignant le réseau des correspondants Leroy Merlin Source en 2015, au sein du groupe Usages et façons d’habiter, il y adjoint un point d’ancrage : l’habitat. Il se traduit par le chantier de recherche publié en 2018, Les usages du garage ou la domestication du mouvement dans l’habitat, puis par un nouveau projet mené en partenariat avec le Forum Vies Mobiles : Partir – revenir, gestion de l’absence au domicile en situation de mobilité (titre provisoire).
Chercheur, il se fait aussi praticien de la ville comme co-fondateur du collectif Intermède qui intervient sur l’occupation temporaire des bâtiments vacants, et entrepreneur salarié au sein de la coopérative Kaléido’Scop.

 

Comment s’est construit votre parcours académique dans un premier temps ?

J’ai approché la sociologie au lycée mais surtout lors de deux années de classe préparatoire, avec une appétence pour l’étude des sociétés, de leurs grands rouages, des équilibres entre l’individu et le collectif : comment fait-on société, comment construisons-nous nos modes de vie, à la petite échelle de chacun mais aussi à celle des communs. J’ai découvert La critique de la vie quotidienne d’Henri Lefebvre, offert par mon père : une première ouverture sur les questions de rythmes de vie.

Par la suite à Sciences-po à Grenoble, j’ai suivi un séminaire Habitat et société, et travaillé alors sur le graffiti comme action d’appropriation des espaces publics à l’origine de la création d’une communauté d’artistes. Autrement dit les liens entre l’individu et la ville, comment l’individu fait la ville, comment la ville fait l’individu et influe sur ses manières de faire du collectif. Puis à l’Institut Français d’Urbanisme, en DEA, j’ai rencontré Francis Godard, sociologue, et François Ascher, urbaniste, (Grand Prix de l’Urbanisme 2009) qui, avec d’autres, développaient une nouvelle pensée urbaine pragmatique mais engagée. Ils deviendront mes directeurs de thèse par la suite et m’auront fait découvrir Norbert Elias, Georg Simmel, Anthony Giddens, Erving Goffman et approfondir Henri Lefebvre, toujours… Je commence à comprendre alors que je me situe dans cette veine d’une sociologie entre holisme et individualisme méthodologique, plutôt interactionniste et très spatialisée, se mêlant à l’urbanisme et à la géographie, éloignée de la sociologie des organisations ou de la famille par exemple. À cette période je rédige alors un mémoire sur le concept de « centralités temporaires », concept géographique très spatial, revisité par le prisme du temps. Je me demandais alors comment on pouvait penser les villes à travers les temps de rencontre, de sociabilité, d’interactions sociales, plus que par ses lieux.

Sur cette base, Francis Godard et François Ascher me proposent de faire une thèse, avec une bourse du ministère à la clé, au Laboratoire Ville Mobilité et Transport. À ce stade, la découverte des écrits d’Henri Lefebvre sur la rythmanalyse a été précieuse : la ville est faite de rythmes, de pulsations sensibles et matérielles, de rassemblements et d’individus qui bougent dans des cadres rythmiques dont ils doivent prendre conscience pour mieux s’émanciper. J’ai souhaité m’inscrire dans la continuité de cette oeuvre, sachant qu’on m’en donnait les moyens, le temps, tout en la revisitant à ma manière dans ma thèse intitulée « Rendez-vous en ville ! Urbanisme temporaire et urbanité événementielle, les nouveaux rythmes collectifs ». C’est une analyse de la manière dont les rythmes collectifs construisent socialement et spatialement le fait urbain. Ces rythmes sont pris dans des découpages rationnels du temps qui sont de nature politique et scientifique. Il y a d’ailleurs tout un combat autour de la maîtrise du temps entre la religion, le politique, l’économique qui a comme enjeu l’organisation des rythmes sociaux et qui se lit dans la forme sociale et spatiale des villes.

Je me suis intéressé alors aux nouveaux rythmes collectifs et au concept de synchronisation des individus. Toutes les analyses du moment tendaient à affirmer la dissolution des moment collectifs, la désynchronisation des sociétés, l’individualisation des temporalités. Or je ne partageais pas cette vision en rupture. Mon hypothèse était que les rythmes collectifs se recréent, différemment, par exemple avec de nouveaux rituels inspirés de notre relation ancienne aux saisons mais qui s’en éloigne. Je suis allé étudier de nouvelles formes festives qui émergeaient au début des années 2000, avec leur dimension événementielle. J’ai pris pour terrain de recherche les foires de Noël – celle de Bruxelles, et les plages urbaines – Paris plage. C’est là que j’ai évoqué le concept d’urbanisme temporaire, en montrant comment ces événements font trace dans l’espace, comment ils influencent les évolutions des lieux et deviennent des outils d’aménagement urbain. À travers le concept d’urbanité événementielle, j’ai observé ces rassemblements humains sur fond de spectacularisation de la ville. J’ai pris soin de considérer que les gens qui se rassemblent ainsi ne sont pas des moutons manipulés par une communication intense ; j’étais curieux de savoir pourquoi on se montre presque nu pendant un mois au coeur de la ville et comment tout cela s’organisait entre les gens, sur place.

Le tout conjugue analyse du lien social, analyse des temps et production des espaces urbains, à la frontière des disciplines : lors des cinq années de travail consacrées à cette thèse, je l’ai inscrite au gré des années tour à tour en sociologie et en urbanisme !

 

C’est donc un travail et une pensée en contrepoint du discours dominant sur l’atomisation des activités, des rythmes individuels…

On entend aujourd’hui beaucoup de discours caricaturaux sur la smart city et notamment ses Data qui révolutionneraient le rapport à la ville. On en revient un peu en cherchant à mettre de l’humain dans cette smart city. Du coup elle est souvent présentée comme plus fluide, adaptée au supposé mouvement permanent des individus connectés, eux-mêmes générateurs de données et porteurs de besoins changeants rapidement. À l’inverse, on entend des discours alarmistes ou conservateurs selon lesquels les lieux et les liens disparaîtraient sous le coup de l’accélération et du changement, tout cela questionnant notre sociabilité voire nos identités. Or pour moi la complexité ne s’attrape pas par les extrêmes mais par le milieu. J’ai pris le contrepoint de certaines interprétations qui m’ont fait réfléchir et inspiré, par exemple celle de la post-modernité de Zygmunt Baumann, qui évoque la liquéfaction extrême du monde dans ses concepts de ville liquide ou même d’amour liquide ! Or tout ne se réduit pas à la liquéfaction ou à la fluidification des rapport sociaux. Dans les transformations à
l’oeuvre, il y a de nouveaux ancrages, de nouvelles sociabilités collectives, des rapports encore structurants au temps, aux lieux, aux liens collectifs. Dans toute évolution du social il y a la continuité de la société préexistante et du changement ; de la rupture et du lien. Or continuité et changement sont les deux dimensions du rythme : j’y trouve à la fois une théorie générale du social, une théorie de l’individu et du collectif, une théorie du temps et de l’espace ! Ainsi j’ai mon diamant, avec toutes ces facettes !

 

La notion d’urbanisme temporaire, très utilisée aujourd’hui, a une place privilégiée dès vos premiers travaux.

Je n’ai pas fait la généalogie du terme. Aux États-Unis, on utilisait déjà temporary urbanism au début des années 2000. François Ascher avait évoqué ces notions notamment celui de Chrono-urbanisme4, pour la Datar notamment. Je me suis efforcé dans ma thèse de définir et d’analyser l’urbanisme temporaire, expérience fondatrice pour moi. Depuis, cette notion d’urbanisme temporaire a connu des ramifications vers l’urbanisme transitoire, l’occupation temporaire, etc. via des pratiques émergentes dans les projets urbains.
J’ai complété ce premier travail sur l’urbanisme temporaire par un post-doctorat à Montréal pour étudier la naissance toute récente à l’époque du Quartier des Spectacles, en montrant comment les rythmes collectifs créent de la ville, à travers les festivals, et influent sur la production de l’espace public et de tout un quartier.

 

Comment avez-vous ensuite abordé la question des mobilités ?

Le rythme ouvre sur le mouvement, c’est une première porte vers la question des mobilités. Après le Québec, je suis allé faire un autre post-doctorat au laboratoire Pacte à Grenoble sur la mobilité des péri-urbains, déjà avec cette question : « Comment habite-t-on le déplacement ? » J’ai mené des entretiens embarqués, dans les habitacles des bus, des voitures, des trains avec les personnes enquêtées,
pour étudier ce que font les gens dans le déplacement, montrer que ce n’est pas un temps mort mais un temps plein ; plein de valeurs, de représentations, d’activités ; le fait d’être seul dans sa voiture c’est aussi un choix, pour être tranquille, écouter la radio ou des podcasts, penser. Bref, ce moment remplit une fonction de sas, qui à la fois relie et sépare les activités, les lieux, les temps, là où il peut être perçu comme un facteur de dissolution de l’urbain voire de l’humain.

C’est à ce moment-là que je me suis acculturé à toute la littérature sur la mobilité (Vincent Kaufmann, François Ascher, Jean-Pierre Orfeuil, Marie-Hélène Massot pour ne citer qu’eux…). La mobilité est venue s’ajouter à mes sujets : le rythme, le temps, l’espace public, la ville, avec les usages, les modes de vie.

 

Vos propos sur continuité et changement font écho à nos travaux sur l’habitat : l’habitat comme lieu des routines, comme tanière… mais aussi traversé par des changements forts (le numérique, le travail à domicile, les soins…)

Les routines sont une notion importante que j’ai rencontré avec Frédéric De Conninck et approfondi au laboratoire Pacte avec les géographes, avec lesquels j’ai vraiment découvert l’habitat et la question du territoire. Parmi eux, certaines théories opposent la mobilité à l’ancrage. Avec eux, j’ai décalé un peu le propos en disant que la mobilité est aussi un mode d’habiter, un mode d’habiter le territoire. Ensuite, la rencontre avec Leroy Merlin Source, grâce à Monique Eleb, est venue s’inscrire dans une continuité tout à fait logique pour lier habiter et mobilité. J’ai donc cherché un projet de recherche entre l’habitat et la mobilité, le mouvement et l’ancrage, l’espace public et l’espace privé : c’est ainsi que nous avons amorcé ensemble la recherche sur l’évolution des usages des garages.

 

Cela s’approche de la notion de chez-soi, très présente dans les travaux du réseau Leroy Merlin Source.

Je ne me suis pas attaqué à cette notion de chez-soi, qui relève pour moi de l’interprétation par les individus de leur intérieur. Je suis du côté de la culture matérielle, plutôt que du côté de l’interprétation des comportements. La culture matérielle m’informe sur les modes de vie et d’habiter, la notion ethnographique d’observation d’objets et d’espaces permet de voir comment les gens se les approprient et les transforment, pour les faire siens, et comment ça construit leur mode d’habiter. Bien sûr, je les questionne sur leur intérieur, les motivations des agencements, des aménagements, les usages qu’ils en font et comment ils se les représentent. Mes cadres interprétatifs que sont notamment le rapport au temps et les rythmes des pratiques sociales innervent mes questions et participent de l’analyse.
Mais en fait je me rends compte que le chez-soi ne fait pas directement écho à mes modes de pensée. Il m’apparaît comme une notion individuelle et subjective, alors que dans mes recherches je m’appuie d’abord sur des phénomènes que j’imagine collectifs, des tendances à révéler. Je pars d’un phénomène sociétal pour étudier si et comment ils se réifie chez les gens, ou ici chez les habitants, puis en quoi leurs pratiques changent et reconstruisent ce phénomène. Peut-être qu’ainsi je traite du chez-soi après tout…

 

Pourquoi avoir fait le choix de devenir indépendant, alors que la voie universitaire semblait toute tracée ?

J’ai eu envie d’être maître de conférences, puis professeur, scientifique, reconnu… Mais j’ai aussi vu mes collègues maîtres de conf frustrés sur le plan recherche car devant assumer des charges, administratives et de cours, énormes. À un moment j’ai fait le choix de ne pas candidater partout, à tous les postes, une attitude que je savais rédhibitoire parce que la concurrence est rude et les opportunités peu nombreuses. Je n’ai jamais voulu qu’un rapport contraint au travail guide seul mes choix de vie.
D’autres envies sont apparues, notamment lorsque je me suis installé à Lyon où j’ai multiplié les rencontres et poussé les portes : milieu académique, grandes entreprises, urbanistes, architectes ou encore des bureaux d’études. C’est à Urbalab, un atelier de design urbain, que j’ai fait mes premières armes hors de l’Université en remportant mon premier appel d’offre qui demandait un diagnostic que j’appelle socio-spatial pour une opération de requalification urbaine à Mâcon (Saône-et-Loire). Je démarre avec eux en 2015.

 

C’est la période où l’on commence à embarquer des sociologues pour améliorer l’écoute, la prise en compte des habitants, notamment pour des démarches participatives.

Comme sociologue, je me suis toujours départi des dispositifs de concertation. Le sociologue est souvent vu comme celui qui parle aux habitants et anime des tables rondes et des ateliers, bref qui fait du social. Je ne suis pas un animateur dans l’âme, mes collègues de Kaleido’Scop sont bien plus forts, avec des méthodes créatives, collaboratives, coopératives. Et puis on se pose toujours la question du risque d’instrumentalisation par des élus, c’est pour cela qu’on tente d’intervenir en amont des projets pour permettre aux habitants d’exercer une réelle influence sur les décisions. Sur cette première mission avec Urbalab, il s’agissait d’un diagnostic social et spatial du quartier. Et c’est ce que j’aime faire : observer qui est dans l’espace public et comment ceux qui s’y trouvent se l’approprient et le construisent par leurs usages, leurs manières de se rencontrer, se déplacer, s’amuser, travailler, se confronter, s’installer… tout en y injectant ma particularité, c’est à dire l’analyse temporelle. Que se passe-t-il le matin, l’après-midi, le soir, la nuit, avec quelles différences ? J’aime aussi rencontrer les acteurs du territoire, les habitants en entretiens approfondis, proposer une définition de l’image sociale du quartier, observer les dynamiques individuelles et collectives… Tout ce qui permet de faire un dessin d’un quartier, dans ses  représentations, dans ses usages, dans les relations entre ses acteurs. Lors de cette première expérience à Mâcon, les élus locaux ont dit avoir redécouvert le quartier sur la base de mon travail, et Urbalab s’est vraiment appuyé sur mon diagnostic pour construire des propositions d’aménagement. Ça a été un plaisir partagé même si tout n’a pas été retenu bien sûr. L’idée est celle du petit pas…

 

Cela relève encore d’un regard de sociologue qui n’est pas centré seulement sur les entretiens et les représentations, mais qui prend en compte les espaces.

Je me définis désormais comme sociologue urbaniste, parce que je resitue toujours l’individu dans son environnement social mais aussi dans son environnement spatial. Je fais de la sociologie spatiale. Ça me permet de travailler avec des architectes, comme à L’Haÿ-les-Roses où j’ai observé les pratiques in situ mais aussi leurs traces (cannettes, mégots, passages, etc.), les lieux qui sont usés, cachés, marqués : ça permet de révéler ce qui se passe, même quand il n’y a personne, et de cartographier les usages. Je construis mon métier petit à petit, dans un entredeux entre l’espace et le social, tout en y adjoignant les questions de temps et de rythme. J’ajoute des dimensions théoriques,
dont je parsème mes rapports, qui permettent de donner de l’épaisseur à la compréhension de la fabrique urbaine.
Je continue aussi mes travaux de recherche initiés à l’université mais désormais en recherche-action pour des entreprises, avec des nuances importantes : je fais de la recherche au sein de Leroy Merlin Source, et par ailleurs pour d’autres entreprises comme EDF, je mène des études.

 

Quelles différences faites-vous entre recherche et études ?

Dans la recherche, on part sans présupposé de ce qu’on va trouver sur le terrain ; on se permet d’avoir un cadre analytique et théorique pour l’interpréter ; on peut faire évoluer les hypothèses de départ en fonction des observations du terrain ; et on se permet d’avoir une dimension interprétative assez forte. Dans une étude, on répond davantage à une commande, au titre de laquelle on doit analyser
un fait social particulier, prédéfini ; la dimension théorique est quasiment absente ; la profondeur analytique est moins importante ; les résultats sont présentés de façon plus schématiques et communicants. Cela relève d’une analyse des usages d’un produit par exemple, en décrivant les comportements d’individus ou de groupes. On découpe le matériau en autant de strates nécessaires pour répondre aux attentes du client. Alors que dans la recherche, on découpe et interprète le matériau différemment, on le resitue dans un cadre d’interprétation plus large, on en tire des conclusions qui peuvent faire évoluer les théories sur le sujet.

Lors de la rencontre avec Leroy Merlin Source, après dix ans de recherche et en choisissant de devenir indépendant, je craignais de ne plus pouvoir en faire. Cette rencontre m’a permis de continuer, autrement.

 

Comment en êtes-vous venu à vous impliquer dans Intermède, un collectif professionnel qui se lance dans des projets d’occupation temporaire de bâtiments vacants ?

C’est en partie la concrétisation d’une posture qui tend à dire qu’il faut prendre en compte le temps dans l’aménagement urbain et qui
repose sur mes recherches sur le sujet. Ça prend corps dans Intermède, le collectif me permet de rencontrer des gens et des compétences sur le sujet, de continuer d’y réfléchir en m’impliquant sur le terrain dans le montage d’opération d’urbanisme temporaire. Ça me permet d’acquérir une autre forme de légitimité, par le vécu et l’expérience, avec moins de recul scientifique du coup, mais avec tout mon background. Je rajoute une pierre opérationnelle à l’édifice.
C’est aussi et surtout une aventure collective, nous sommes cinq professionnel-le-s lyonnais – ingénieur, designer, consultante… –, nous avons senti que ce sujet était en train de s’imposer en local, que nous souhaitions le porter et que nous étions aptes à mener des projets de ce type à partir de nos centres d’intérêt : lien avec l’environnement urbain, valorisation de l’économie sociale et solidaire, compréhension des usages en amont, prise en compte des paroles et intérêts des habitants, réponse à des besoins locaux de surface disponible, autre manière de faire du projet urbain.

L’un d’entre nous a été retenu pour faire l’AMO et l’AMU, assistances à maîtrise d’ouvrage et d’usage, de l’Autre Soie à Villeurbanne. Puis le projet Halles du Faubourg à Lyon est arrivé fin 2017 où nous nous sommes associés à deux partenaires locaux. Ce sont donc nos deux premières expérimentations réelles. Et nous avons d’autres pistes, des promoteurs nous sollicitent, nous répondons à des appels d’offres.
Avec tout ça, je me retrouve à un moment où l’éventail de mes activités peut sembler impressionniste, mais avec une colonne vertébrale : la question du temps est partout ! Elle permet de penser le projet urbain autrement en repensant sa chronologie, de prendre en compte la variété des usages des espaces, d’intégrer les questions de soutenabilité, etc. Après des décennies d’une pensée urbaine très spatiale et technique, le temps et son corollaire le rythme constituent une entrée très riche, sensible et « centrée usagers » pour analyser et faire la ville et les territoires de demain.

 

Propos recueillis par Denis Bernadet, juillet 2018

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