Habiter Notre maison, une lanterne pour abriter sa vitalité

Notre maison, une lanterne pour abriter sa vitalité

Entretien avec Marie-Pierre Dillenseger


Entretien

Marie-Pierre Dillenseger, auteure et conférencière, est praticienne des arts chinois consacrés aux forces spatiales et temporelles (feng shui, yi jing, énergétique, art de la guerre, astrologie, etc.). Personne-ressource au sein de Leroy Merlin Source, elle y apporte son expertise au service de l’habiter. Forte de son accompagnement depuis plus de trente ans de particuliers et de professionnels de l’habitat en France et aux États-Unis, elle vient de publier chez Robert Laffont, sous la direction de Fabrice Midal, « Bien chez soi, 23 pratiques pour trouver la paix, l’énergie et sa place ». L’ouvrage présente notre rapport aux lieux habités au prisme de la tradition multimillénaire de la Chine. Il l’éclaire également d’exemples d’habitants pris dans une relation complexe à leur lieu de vie ou à un projet d’habitat. L’ouvrage se veut aussi un guide pour retrouver la joie d’habiter un lieu qui, dans la tradition chinoise, est un compagnon de route plus qu’une simple boîte où se réfugier chaque jour. L’ouvrage propose des exercices faciles à réaliser pour tisser cette relation au lieu et à soi. Entretien transatlantique avec Marie-Pierre Dillenseger. 

Quelles sont les sources de votre travail d’accompagnement des individus dans la quête de leur lieu et de leur projet de vie ? 

Ma pratique s’ancre dans la connaissance de techniques ancestrales chinoises qui accordent au temps (c’est-à-dire les années ou le moment où nous prenons une décision par exemple) et à l’espace (c’est-à-dire les lieux dans lesquels nous vivons et travaillons) un rôle non négligeable, tangible et décodable. Comme en médecine chinoise, l’objectif de ces techniques est la préservation de l’énergie vitale. Et comme dans les arts martiaux celui de l’évitement de l’obstacle, la sortie d’un mauvais pas et l’impact renforcé. Être au bon endroit au bon moment n’est pas tant une question de chance que d’alignement stratégique entre l’être que nous sommes, nos compétences et l’environnement spatio-temporel dans lequel nous évoluons. Mon travail d’accompagnement est aussi fortement influencé par les travaux de C. G. Jung sur l’individuation, d’Alice Miller sur les traumas d’enfance et d’Anne Ancelin-Schützenberger sur les influences transgénérationnelles. 

La difficulté d’accès à la profondeur opérante et utile des arts chinois est qu’ils relèvent d’une initiation et de la nécessité d’un apprentissage. Autant dire d’une transformation, dans le sens d’un élargissement de la conscience, de son rapport à soi et au monde. La théorie des cinq éléments de la cosmologie traditionnelle chinoise, eau, bois, feu, terre et métal, est un système unifiant qui permet de décrire les caractéristiques d’un bâtiment en architecture, celles d’une personne en médecine et celles d’une année pour planifier une action. Ce mode de pensée est très éloigné de la lecture occidentale du monde. 

Comment qualifier et comprendre ces savoirs dans et pour notre tradition ?

Mes livres visent à rendre ces savoirs chinois anciens pragmatiques, utilisables et utiles pour nos contemporains, en dépit d’un décalage de culture majeur. En Occident ce décalage a longtemps été traité à travers l’exotisme qui prend des formes différentes selon les époques : le Japonisme ou le Primitivisme au tournant des XIXe et XXe siècles en sont des exemples. Un premier enjeu est de mettre un savoir ancien, traditionnel, au « goût du jour » mais sans distorsion, sans quoi il perd de sa pertinence et de son utilité. Un deuxième enjeu est d’éviter les pièges de l’exotisme qui propose des formes dégradées ou imaginaires des réalités culturelles des autres. Mais aussi ceux du savoir académique qui voit dans ces arts traditionnels des objets morts, d’autant plus figés que sans une connaissance effective de l’énergétique chinoise, les traductions des ouvrages chinois, justes mais littérales, figent le savoir. Dans ces derniers, l’eau par exemple est autant l’eau qui s’écoule que la métaphore du mouvement. Les savoirs anciens ne doivent pas rester la propriété livresque de quelques initiés. Un troisième enjeu-écueil à contourner est que ces arts chinois de l’espace et du temps peuvent être utilisés pour exercer une forme de pouvoir sur l’autre, le « non-sachant ». Enfin, le dernier enjeu est de dégager ces arts, anciens et exotiques à nos yeux, de la superstition et de la pensée magique. Ma pratique ne relève pas d’une connaissance abstraite, dévitalisée, mais de pratiques mises à l’épreuve de situations concrètes. Mon travail et mes livres sont au service du mieux vivre et du mieux agir.

Quels sont les objectifs concrets de ces techniques anciennes ? 

L’objectif fondamental est la préservation de la vie, l’accumulation et l’optimisation des forces de vie et leur déploiement. Par exemple, choisir un lieu d’habitation uniquement sur des critères hyper rationnels sans écouter notre ressenti profond, c’est comme se jeter à l’eau avec l’illusion de rester sur la terre ferme. C’est paradoxal. Si nous aimons la lumière du soir, pourquoi choisir un appartement au nord ? Le lieu va être un compagnon de route, tous les jours, pendant parfois des années. Écoutons-nous. Affirmons-nous. Si nous avons besoin de lumière, refusons l’appartement en rez-de-chaussée. De verdure ? Résistons au compromis que nous finirons par regretter. Pour un autre, le bonheur sera de vivre dans un lieu complètement bétonné, en hauteur, connecté au ciel. Cet habitant n’a pas besoin d’arbres, mais d’une connexion continuelle avec le ciel, son paradis sur terre. 

Dans mes accompagnements, j’écoute la parole des personnes, et je mets le pied dans la porte pour qu’elles ne la referment pas. Nous possédons tous une conscience profonde qui nous permet d’être sensibles aux dimensions spatiales et temporelles et aux messages qu’elles véhiculent. Je suis en contact chaque jour avec la souffrance de celles et ceux qui ont vu leur bulle d’oxygène se réduire, que des burn-out ont conduit dans leur lit ou au fond de leur sofa, isolés. Les conjoints disparaissent, les difficultés s’accumulent. Et qu’est-ce qui reste et de quoi disposent-elles pour se retaper ? Le lieu où elles vivent ! (Rires) Le lieu est ce qui permet à une personne souffrante, en deuil, en burn-out ou convalescente de refaire de petits pas d’enfant. C’est le lieu qui bien souvent nous donne la main à ce moment-là. C’est lui qui va nous permettre de fermer les écoutilles, de nous remettre un peu debout, un peu mieux… parce qu’on se sent tranquille chez soi.

À propos d’habitation et de chez-soi, quelles sont les fonctions de la maison dans la tradition chinoise ?

Dans la tradition chinoise, la maison est d’abord un point d’ancrage et un refuge. Les territoires sont immenses, fermés par des montagnes au nord, ouverts au sud. Dans cette géographie, être loin de chez soi a longtemps représenté  un exil  – l’exil politique était comparable à une condamnation à mort – et le risque majeur de ne pas parvenir à destination ou de ne jamais revenir chez soi. Il y a donc une conscience très forte de la maison comme une enveloppe vitale et protectrice. La tradition chinoise donnait aussi une importance forte aux maisons des morts en codifiant le positionnement des tombes dans le but de protéger la dépouille du défunt, mais aussi sa famille et toute la lignée. Après l’ancrage, la protection, la troisième fonction est celle de « tremplin », de soutien au déploiement. Pour un habitant chinois, il n’y avait rien de pire que de ne pas avoir de maison. On est sur quelque chose de viscéral et d’absolument essentiel. La maison est aussi importante que la nourriture.

Les savoirs chinois mobilisés dans « Bien chez soi, 23 pratiques pour trouver la paix, l’énergie et sa place » appartiennent à la Chine pré-communiste. Pékin, Shanghai et les mégapoles contemporaines chinoises sont plus modernes que nos villes occidentales. On y est aujourd’hui aussi déconnecté du lien avec la terre et les éléments que chez nous.

Qu’est-ce qui différencie l’habitation occidentale de la chinoise ?

Si l’on pense aux défricheurs de clairières pour établir un village et aux bâtisseurs de cathédrales, ces deux cultures servent cette même fonction d’abriter la vie, la famille et ce qu’on appelait alors la maisonnée. Mais nous avons assez rapidement rajouté la fonction territoriale de la propriété : « j’ai défriché, je m’installe, c’est à moi ». La notion de propriété ajoute une dimension combative et agressive qui n’est pas présente dans la fonction chinoise traditionnelle de la maison. Cette dernière s’exprime davantage en respect du lieu et en remerciement pour l’ancrage et la terre nourricière. Il y a bien sûr des similarités entre Occident et Chine autour de fondamentaux comme la fonction de protection. Mais la confrontation des traditions met en lumière le fait que nous sommes assez vite passés dans un mode prédateur : « c’est à moi, je ne partage pas ». Ainsi, nous avons graduellement perdu la gratitude envers la nature, la terre qui nous permet de nous ancrer en son sein. Le caractère sacré du lieu est devenu profane, puis simplement utilitaire. Et ceci s’est accéléré dans les soixante dernières années. 

L’attachement à la terre est souvent vécu comme un frein, une limite ou une fragilité. Je le vois bien aux États-Unis : les maisons sont rapidement construites, utilitaires, sans vraies fondations ni connexion avec l’espace. On peut voir les effets ravageurs de cette conception des lieux, des espaces et des maisons qui poussent comme des champignons, dans les incendies de Los Angeles. Les habitants de ces maisons non ancrées dans le paysage sont comme des sauterelles. Ils sautent d’un lieu à un autre, puis à un autre, et à un autre encore, pour la progression de leur carrière. Ces maisons éphémères sont au service d’une expansion continuelle, sans offrir la possibilité à l’habitant de s’enraciner lui-même, pour un temps. La capacité d’ancrage qui permet pourtant à l’individu de se positionner dans l’espace et le temps, de souffler, de reprendre des forces puis d’envisager la suite avec calme et dignité, est totalement perdue. 

La fonction d’apparat du lieu est une autre différence importante avec l’Occident qui montre la richesse à l’extérieur. It’s like a statement of ego. An ego statement. Le lieu est au profit du paraître. C’est pour moi une forme de dérive qui fait du lieu d’habitation une carte de visite, une affirmation de ce qui soi-disant est, mais qui n’est peut-être pas. Cette fonction du lieu n’appartient pas à la maison chinoise traditionnelle, qui est davantage un écrin qui protège l’habitant en son sein qu’une vitrine qui l’expose à l’extérieur. Tout ce qui est issu de l’énergétique chinoise est au service de la valorisation de la vitalité de la personne, de ses forces vives. Quand l’habitant est dans un mode de représentation de soi, il n’est plus immédiatement connecté à ces dernières. 

C’est pour cela que vous soulignez que dans la tradition chinoise, l’habitation est vécue et interprétée comme un allié, un compagnon de route. 

Sur ce point, je pars d’un constat absolument réaliste : nous cohabitons avec les murs qui nous entourent, les revêtements de sol, les matériaux de la salle de bains et de chaque pièce de la maison. Nous partageons notre temps précieux de vie avec non seulement des humains, mais aussi des lieux où nous nous retrouvons tous les jours. Et comme pour les personnes que nous côtoyons chaque jour, nous devons tenir compte de leurs besoins. Même si nous l’avons choisie, nous sommes condamnés à vivre dans l’habitation où nous sommes et à la faire fonctionner. Il est donc sage de ne pas ignorer les conditions favorables au fonctionnement optimum du lieu. Et s’il fonctionne de manière optimum, il devient un allié. Soutenu, entretenu, il devient soutenant. Ce n’est pas une posture magique mais  pragmatique qui reconnaît que le lieu, s’il n’est pas biologiquement comme nous, est néanmoins comme nous, susceptible de se dégrader avec le temps ou de s’optimiser par l’attention que nous lui donnons. 

Le réduire à une enveloppe ou à être mon esclave, considérer qu’il a à être à ma disposition quoi qu’il arrive, est une erreur. J’en appelle donc à la possibilité d’établir un partenariat avec les lieux  qui nous accompagnent des années durant, parce qu’il y a tout à y gagner. Comme dans la médecine traditionnelle chinoise, il faut être attentif le plus tôt possible à ce qui se dégrade parce que le premier symptôme dans un corps humain, comme dans un corps de bâti, permet un traitement précoce, c’est-à-dire l’évitement de la catastrophe. Le partenariat va passer par le fait d’en prendre soin, de déceler les signes avant-coureurs des dégradations à venir mais aussi de témoigner de la gratitude envers les services qu’il nous rend à différents moments de la journée ou de notre vie.

Plus précisément, qu’entendez-vous par « partenariat » entre l’habitant et son habitation ? 

Le partenariat entre l’habitant et l’habitation est un accord avec qui nous sommes. Ou pas. Dans le choix de nos logements, nous les évaluons et les réduisons souvent à leur surface, leur fonctionnalité, à des critères très tangibles. Pourtant, une fois installés, nous allons, à chaud, découvrir des caractéristiques qui avaient échappé à notre discernement. Ces dernières vont avoir au fil de l’eau un impact majeur sur notre santé physique ou mentale. Quand on est très content d’avoir enfin trouvé la surface qui convient et le nombre de chambres nécessaires, l’école à proximité et que l’on fait l’impasse sur deux chambres qui donnent sur un mur, par exemple, nous faisons un choix limitant pour notre bien-être dans les années qui suivent. C’est la même chose pour les nuisances du restaurant au rez-de-chaussée, les fumées qui viennent du garage d’à côté ou l’appartement génial mais isolé du reste du monde. Comme nous ne voyons pas le lieu comme un allié possible, nous minimisons les contraintes et les lassitudes à venir. Nos habitations sont comme des relais de poste. On veut s’enraciner, mais nous nous retrouvons souvent coincés, durablement quand le lieu n’est pas encore le bon. Le lieu dont nous n’avons pas vu les besoins et les défauts saura nous mettre dans une position d’inconfort, d’humilité et de questionnement.

Dans quelle profondeur temporelle s’ancre ce partenariat ? 

La relation que nous avons, adultes, avec les lieux est en partie nourrie par ce que nous avons vécu, petits, dans des lieux d’enfance. Quand on cherche un lieu, on a sa liste de critères, mais aussi la connaissance intime, de longue durée, de ce qui nous fait du bien : « je veux la lumière du couchant », « je veux la lumière du matin » ou « je veux des murs épais » ou « je veux de l’open space ». Ces informations viennent de l’intérieur, elles ne sont pas systématiquement données par la raison. Parfois elles ne sont ni connues ni partagées avec le conjoint ou la famille. C’est pour cela que je préconise d’établir un lien de connexion avec la maison que nous n’avons pas encore trouvée mais qui nous attend néanmoins déjà ! Retrouvons des bribes de mémoire et d’information pour formuler ce que l’on veut vraiment. Le conjoint veut être près du centre-ville et nous, près de la forêt. Certains passent leur vie à chercher la maison d’autrefois ou la maison qui va leur permettre de recoller un pan de leur histoire. 

Parce que nous ne voyons pas le lieu comme une chose avec laquelle nous vivons une vraie relation (pour le meilleur et pour le pire), nous avançons les yeux bandés, armés de nos critères rationnels et d’un jugement de goût sommaire : « j’aime ou j’aime pas ». Que vous dit le lieu ? Les gens me répondent : « bien, je ne sais pas ce qu’il dit, mon lieu ». Mais lui avez-vous déjà parlé ? « Eh bien non ». Un des exercices proposés dans le livre est de témoigner de son plaisir et de sa gratitude à habiter chez soi. Cela initie ou consolide la relation qui va se construire au fil du temps. Choisir un lieu pour y vivre c’est comme tomber amoureux de quelqu’un : la vie nous met face aux réalités des différences ou des illusions. « Donnez-vous des moyens de préempter des surprises qui n’ont pas besoin d’en être. » La relation idéale à la maison n’existe pas. Mais une relation de qualité se dessine bien avant les visites et l’achat. Et ce n’est pas qu’une histoire de désirs et de critères. C’est une histoire de présence à soi, de mise en cohérence avec ce que nous savons de nous et de nos besoins véritables. Je me souviens d’une cliente qui m’a rendue folle littéralement en refusant systématiquement une trentaine de maisons qui pourtant correspondaient à tous ses critères. Des années plus tard, elle m’a écrit pour me dire que finalement ce qu’elle voulait vraiment, c’était « une toute petite maison » en bord de mer. La maison a été trouvée en quinze jours ! 

La maison alliée, même si elle nous fait vivre une expérience difficile ou refuse de se présenter à nous, nous permet d’avancer dans l’élaboration de qui nous sommes. La maison participe activement à notre processus d’individuation. 

En vous écoutant, il est difficile de ne pas penser à Gaston Bachelard et à La poétique de l’espace. Comment articulez-vous sa pensée avec les arts traditionnels chinois ? 

La poétique de l’espace de Bachelard est pour moi une référence majeure. Je pense qu’il a été celui qui a été le plus loin dans notre capacité de voir le lieu autrement que comme un amas de matériaux mis ensemble ou une projection ostentatoire de l’habitant. Mais il y a un point où Bachelard s’arrête et où la pensée chinoise prend le relais. Ce point est celui, vous l’aurez compris, où la lecture traditionnelle chinoise considère vraiment le lieu comme un organisme quasi vivant. La Chine ancienne attribue au lieu, en fonction de sa date de construction et de son orientation dans l’espace, une « personnalité énergétique ». Les textes évoquent même « une entité énergétique avec laquelle nous devons négocier ». C’est là que la pensée occidentale s’arrête, aussi riche soit-elle. Je rêve d’un dialogue entre Gaston Bachelard et l’un de ces érudits chinois du XIIe siècle pour approfondir l’articulation de ces deux pensées.

Peut-on, pour terminer et conserver une image de la maison à la croisée des traditions de l’Occident et de la Chine, parler de son lieu d’habitation comme d’une « lanterne abritant la vitalité » ? 

L’expression « lanterne abritant la vitalité » est une magnifique image. Juste. Très juste. Ainsi, un habitant peut avoir une petite loupiote qui s’éteint ou un grand brasier intérieur qui réchauffe le cœur sans détruire. Il faut éviter les pensées manichéennes d’un « feng shui  » trop simpliste qui voit les lieux comme favorables ou défavorables. Cela rend les habitants peureux et les empêche de penser à la relation qu’ils ont à leur chez-soi , à eux et aux autres. Dans ma pratique je cherche à donner des outils simples au service du déploiement des forces individuelles. Cela passe par des étapes dont celle du bien habiter, mais aussi du bien manger, du bien bouger, du bien collaborer, etc. Aussi, le plus souvent, plutôt que d’utiliser le verbe « habiter », j’utilise le verbe « vivre ». 

Propos recueillis par Pascal Dreyer, décembre 2024

 

 

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