Trois récits-portraits de nouveaux emménagés
Ils disent pratiquer la sobriété, sans être militants pour autant : ont-ils pu le faire lors de leur récent emménagement ? Y a-t-il une place possible pour des pratiques sobres dans ce moment si intense du parcours résidentiel ? Et d’abord, quelles pratiques relèvent de la sobriété : conserver ou récupérer des meubles et objets / réduire les achats / acheter de seconde main / se débarrasser de manière responsable / louer ou emprunter des meubles ou d’autres éléments (décoration) ? Au cours de la recherche Emménager dans la sobriété ?, les sociologues Julie Madon et Anne-Laure Dalstein ont rencontré douze ménages. Elles ont réalisé trois films témoignages, qui montrent la diversité des chemins vers la sobriété.
Faustine, le faire soi-même pour mieux rebondir
Faustine à dû trouver une nouvelle maison après une séparation. Se rééquiper, se débrouiller seule, elle a fait un parcours très volontaire, entre récupération et créativité, pour composer un nouveau chez-soi :
- Don d’un canapé sur un réseau social.
- Travaux de rénovation réalisés en solo, gratifiants et partagés sur les réseaux sociaux, permettant aussi de recevoir de bon conseils.
- De la récup’ aux encombrants,
- Une bonnetière trouvée dans la rue et customisée…
Cette sobriété économique est aussi pour elle un moyen de se faire plaisir, de « ne pas avoir l’impression de tuer un arbre chaque fois que j’achète un truc ».
Florence et Martin, la famille super-recomposée
Un nouveau couple, chacun avec deux enfants, cela signifie de vivre parfois à deux, parfois à quatre, parfois à six. Pour les parents, créativité obligatoire, qui s’exprime au gré des opportunités :
- Recomposer une petite pièce de rangement et de stockage.
- Trouver une cuisine sur Le bon coin, avec une petite retouche par un menuisier.
- Récupérer du carrelage d’une entreprise pour rénover la salle de bain.
- Trouver des lits superposés en ligne…
Conclusion du couple : « quand tu commences les travaux, tout s’accélère », « on a été sobre, mais avec les besoins d’une époque ».
Adèle et Justine, s’agrandir et rééquiper
Pour ce couple, le doublement de la surface en changeant d’appartement est un défi : elles ont des envies de sobriété et de ne pas trop consommer, mais il faut doubler par exemple le nombre de luminaires ! Pour le reste, il faut trouver de bons équilibres :
- Ne pas acheter de neuf mais ne pas avoir un intérieur fait « de bric et de broc ».
- Récupérer des meubles d’anciens voisins.
- Abandonner quelques ambitions esthétiques, mais chercher à se faire plaisir quand même.
Conclusion d’Adèle : « maintenant que j’ai plus accès à la consommation, avec moins de contraintes financières, il faut trouver d’autres logiques pour réfréner ses envies ».
Emménager avec sobriété : oui si ce n’est pas trop compliqué !
Les pratiques de sobriété les plus adoptées sont celles qui demandent le moins d’effort. Quand on emménage, on cherche à maximiser son bien-être et à réduire sa charge mentale. La sobriété parvient à s’exprimer en concurrence avec d’autres motifs de l’emménagement : les enjeux de prix, de fonctionnalité, de plaisir à choisir et d’esthétique des meubles et autres équipements.
Emménager dans la sobriété ? est une recherche multi-partenaires avec l’Ameublement français, Camif et EcoMaison.