Cinq films photographiques sur l'écologie du quotidien
Que vit un Français dans son jardin dans les secteurs périurbains ? Quelle est la part de l’artificialisation pour en faire la cinquième pièce à vivre : terrasse, piscine, véranda ? Quelles sont les pratiques des Français avec le végétal : potager, herbe et « mauvaises herbes », arbres et arbustes ? Quels sont leurs rapports aux animaux ? Quelle place font-ils à leur aspirations écologiques ? En résumé : quels sont leurs rapports à la « nature », domestiquée ou laissée plus libre ?
Visites de jardins périurbains et prises de vues
C’est le thème de chantier Leroy Merlin Source : « Pratiques du jardin dans le périurbain. Entre minéralisation et (ré)ensauvagement ». Il est mené en partenariat avec le PUCA. Il mobilise une équipe pluridisciplinaire qui fait une large place à l’image, composée de : Marion Brun (écologue), Lucinda Groueff (urbaniste et vidéaste), Marie Mangold (sociologue) et Hortense Soichet (photographe). Elles ont mené ce travail auprès d’une quinzaine de ménages. Avec des visites sur deux saisons, le printemps et l’automne. Dans deux régions aux climats différents, l’Alsace et l’Occitanie. Le matériau récolté est riche : entretiens, relevés écologiques et plans de jardin, photos et vidéos.
Paroles d’habitants sur leurs pratiques au jardin dans un cadre périurbain
En parallèle du rapport de recherche, l’équipe a réalisé cinq films photographiques qui racontent différemment les principaux résultats. Alliant sons et extraits d’entretiens, images fixes et en mouvement, ces courts films d’environ quatre minutes proposent d’entrer dans la recherche par le biais d’une action et d’un objet incarnant un rapport au jardin. En donnant la parole aux habitant·es rencontrés, ils dévoilent certains aspects des jardins des enquêté·es et soulignent la complexité des choix.
Habiter l’extérieur : habiter le jardin périurbain
Sous le titre Profiter, le premier film s’attache à la variété des rapports aux plaisirs de l’espace extérieur : piscines, terrasses et patios. Il porte sur le jardin comme espace de détente et notamment sur la piscine : la faire creuser, l’entretenir, en profiter ou décider de la reboucher. A travers les mots des habitants, il aborde aussi les temporalités au jardin selon les saisons et les aménagements qu’ils réalisent.
Laisser l’herbe pousser ?
Sous le titre Pousser/Repousser, le deuxième film explore les rapports aux habitants aux prairies, pelouses et gazon. Quels sont les choix opérés et qu’est-ce qui les déterminent ? Comment entretient-on son sol extérieur ? Les extraits d’entretien montrent une grande diversité de comportements :
- Gazon naturel ou synthétique
- Suppression ou tolérance face aux « mauvaises herbes »
- Tonte à ras ou plus douce ou non systématique
- Attention ou non au regard des voisins…
Les plantations, par essais – erreurs
Planter – se planter – replanter : le titre du troisième film dit bien que les interactions avec le végétal relèvent d’un apprentissage au long cours, fait de tentatives, de découvertes, d’échecs et de réussites. Les jardiniers expriment à la fois le plaisir et le délassement qu’ils trouvent à travailler leur potager. Ils déploient une créativité aussi pragmatique qu’épanouissante. Au fil du temps et des saisons, ils s’adaptent au climat en fonction de la résistance des plantes, en amateurs éclairés.
Entre intimité et ouverture
Quels rapports au voisinage, à la rue, au paysage environnant ? Le quatrième film est intitulé Ouvrir / Fermer, et met en lumière toutes les nuances entre ces deux termes. On voudrait voir sans être vu, se cacher mais pas se camoufler, éviter l’esthétique négative d’une palissade ou d’un mur, mais quand même mettre à distance les voisins les moins sympathiques. Certains habitants privilégient les coupures végétales pour des motifs écologiques, facilitant la circulation des espèces.
Une intense vie animale
Sauvages ou domestiques, utiles ou gênants, nourriciers ou ornementaux, rares ou envahissants : quelle diversité dans le rapport aux animaux et dans les sensations associées ! Il s’agit donc de Cohabiter, titre du cinquième film, un verbe qui recouvre des attitudes variées : pour certains insectes ou mammifères, il s’agit de surveiller, parfois d’éliminer ; avec les animaux domestiques, il s’agit de profiter et de prendre soin ; et souvent simplement de se réjouir de la biodiversité qui habite le jardin.