Le changement climatique avance plus vite que nos imaginaires du risque.
Face à la multiplication des événements climatiques extrêmes, Noémie Aubron et Cécile Poignant ont mené une étude exploratoire avec le soutien de Leroy Merlin Source et de la MAIF. Leur constat invite à un changement de paradigme. Pour affronter les risques naturels, nous devons passer d’une gestion de l’urgence à une véritable « culture de la préparation »
Dépasser le déni pour agir
Cette exploration montre que nous percevons souvent les risques comme des parenthèses accidentelles plutôt que comme une nouvelle réalité. Ce déni est renforcé par une confiance extrême dans des systèmes technologiques qui nous ont éloignés des réalités du terrain. Le défi de la sensibilisation est d’autant plus grand que si les savoir-faire se partagent, le vécu d’une épreuve, lui, ne se transmet pas. Dépasser cette « culture de l’impréparation » est l’opportunité de renouer avec notre territoire. Selon le site Géorisques (2023). 64 % des Français en zone inondable ignorent encore leur exposition, combler cet écart est un impératif pour reconquérir une autonomie sereine.
Les nouveaux leviers
L’un des enseignements majeurs de cette étude exploratoire réside dans la nécessité de transformer notre vocabulaire pour mobiliser les citoyens.
Deux concepts clés se distinguent :
- La sécurité climatique : Elle déplace l’enjeu de la menace vers une protection organisée, visant à sécuriser l’accès au logement, à l’eau et à l’énergie dans un monde plus instable.
- Le savoir-agir : Ce concept privilégie les compétences pratiques et les réflexes concrets. Il transforme la connaissance théorique du risque en capacité d’action permettant à chacun de devenir acteur de sa propre
sécurité.
L’habitat comme socle de l’autonomie
Pour les lecteurs de Leroy Merlin Source, le domicile est au cœur de la réflexion. Il ne s’agit plus de vouloir empêcher l’aléa naturel, mais de faire en sorte que la maison reste fonctionnelle pour retrouver une vie normale le plus vite possible. Cela implique des aménagements adaptés, l’usage de dispositifs low-tech et une meilleure compréhension des faiblesses du bâti. Pour illustrer cette démarche, Noémie Aubron et Cécile Poignant ont imaginé quatre objets ou dispositifs prospectifs qui permettraient de protéger le quotidien quand les repères s’effacent face aux aléas climatiques.
Un engagement vers l’avenir
Loin de la peur, cette culture est un levier de solidarité qui s’appuie sur la transmission de savoir-faire et l’entraide de proximité. Cet engagement doit s’ancrer dès le plus jeune âge : l’éducation à l’école est indispensable pour instaurer des réflexes durables, à l’image du Japon où la préparation fait partie intégrante de l’apprentissage. En apprenant à anticiper plutôt qu’à simplement subir, chacun retrouve le pouvoir d’agir.
Pour mener cette exploration, Noémie Aubron et Cécile Poignant ont croisé les expertises de onze intervenants : élus, assureurs, designers, anthropologues… (dont des correspondants de Leroy Merlin Source : Emile Hooge, Sébastien Lechevalier) et de citoyens engagés. Ce travail a été enrichi d’une veille prospective multi source.