Résultats de l'étude IFOP éclairés par les recherches Leroy Merlin Source
Pour son lancement, l’Observatoire Leroy Merlin croise une enquête nationale menée avec l’IFOP et les recherches de Leroy Merlin Source sur le confort d’été. L’objectif ? Décrypter comment la hausse des températures transforme nos modes de vie et comment rafraîchir nos intérieurs de manière sobre et durable.
À propos de l’Observatoire Leroy Merlin
Leroy Merlin lance son Observatoire, un programme d’études pluriannuel destiné à décrypter les évolutions des modes de vie face aux défis contemporains et climatiques. Pour sa première édition en ce mois de juillet 2026, ce dispositif national publie une grande enquête menée avec l’IFOP auprès de 6 000 Français sur le confort d’été. Lors des pics de température estivaux, les habitations ne jouent plus leur rôle premier de protection et de refuge.
Pour aller au-delà des données quantitatives, la démarche s’appuie sur l’expertise et les recherches en sciences humaines et sociales du réseau Leroy Merlin Source. En plaçant les travaux de la designer Lucile Sauzet sur le confort thermique et de l’architecte Marine Morain sur les méthodes de rafraîchissement sans climatisation au cœur de l’analyse, l’Observatoire bouscule les idées reçues. L’enjeu n’est plus seulement technique : il s’agit de redonner aux habitants un véritable pouvoir d’agir sur leur environnement grâce à la compréhension de leur corps et de leur espace de vie.
Ce que révèle l’étude : une vulnérabilité résidentielle et sociale
Les résultats mettent en lumière une rupture dans la perception du logement, ainsi que de profondes inégalités géographiques et sociales face au thermomètre.
La chaleur provoque désormais une vraie mobilité résidentielle : 19 millions de Français (28%) déclarent avoir déjà été contraints de quitter temporairement leur domicile parce qu’il était devenu insupportable. L’étude révèle également une forte vulnérabilité chez les jeunes de 18 à 24 ans, souvent oubliés des politiques publiques de gestion des canicules. Généralement locataires de petites surfaces en ville, 92% d’entre eux rencontrent au moins une difficulté majeure dans leur habitat l’été. Ne disposant pas de « pièce de répit climatique » pour récupérer, 60% ont déjà dû fuir leur logement et 61% des moins de 35 ans envisagent de déménager à cause de ces épisodes.
Cette fracture est tout autant géographique. L’inconfort estival ne se cantonne plus aux régions méridionales : ce sont les zones hyper-urbanisées, au premier rang desquelles l’Île-de-France, qui saturent sous l’effet des îlots de chaleur urbains. Les Franciliens sont 34% à juger leur logement inconfortable — soit deux fois plus qu’en Bretagne (18%) — et 42% ont déjà dû fuir leur domicile.
Enfin, la nuit ne joue plus son rôle de récupération. La chambre à coucher s’impose comme la pièce la plus difficile à vivre pour 46% des Français. Près de 30 millions de personnes (43%) déclarent qu’il fait trop chaud la nuit chez elles, ce qui altère le sommeil et pèse sur la santé physique et mentale. Ce phénomène est notamment accentué par les mousses synthétiques des matelas, qui agissent comme des pièges thermiques en empêchant l’évacuation de la chaleur corporelle.
Le corps et l’usage au centre du confort thermique
Dans nos climats, l’apprentissage de l’hiver est un fait culturel partagé : transformer son logement en cocon ou choisir un vêtement adapté selon la météo relève d’un savoir commun. En revanche, face aux fortes chaleurs, cette culture fait défaut. Lucile Sauzet, designer et correspondante pour Leroy Merlin Source, observe que les solutions lourdes et énergivores à l’échelle du bâti semblent souvent envisagées comme les seules options. Ce constat exclut de fait les nombreux occupants qui n’ont pas la main sur le bâti ou les moyens d’entamer de gros chantiers.
L’adaptation doit donc partir des corps et s’appliquer à l’échelle de l’aménagement intérieur pour redonner des leviers d’action immédiats, y compris aux locataires. Des rituels simples et sobres, comme un récipient rempli d’eau placé sous une assise ajourée face à un ventilateur, procurent un rafraîchissement corporel instantané. Intégrés au quotidien et bien outillés, ces gestes permettent de poser les bases d’un véritable art de vivre la chaleur, transformant la contrainte en source de qualité de vie.
Parallèlement, l’architecte Marine Morain rappelle qu’il est indispensable de modifier nos comportements en passant d’une réaction passive (« j’ai chaud ») à une logique de compréhension (« pourquoi ai-je chaud et quelles actions sont pertinentes dans mon cas ? »). Les recherches de Leroy Merlin Source montrent que si les habitants ont une connaissance intuitive assez juste de trois facteurs clés du confort d’été — bloquer le soleil, isoler l’enveloppe et ventiler la nuit —, les phénomènes d’inertie et d’évaporation restent très mal connus et exploités.
L’évaporation de l’eau absorbe pourtant activement la chaleur de l’air environnant. Des actions à la portée de tous, comme passer une serpillière humide sur un sol brûlant ou suspendre des textiles mouillés dans un léger flux d’air, permettent d’abaisser immédiatement le ressenti corporel sans recourir à la climatisation.

Plateforme de lecture réalisée par Lucile Sauzet chez une famille l’été.
Concilier aménagement agile et rénovation durable
L’enquête de l’Observatoire bouscule les certitudes autour de la rénovation énergétique. Si les passoires thermiques construites entre 1946 et 1970 sont en première ligne face à la surchauffe, les constructions récentes cachent un effet pervers. L’isolation classique conçue pour l’hiver y présente un effet « thermos » : une fois la chaleur estivale entrée, elle y reste piégée sans pouvoir s’échapper.
Pour Claire Letertre, responsable de Leroy Merlin Source, les stratégies actuelles s’apparentent plus à de la débrouille qu’à du confort. « Vivre dans le noir » en fermant les volets et les stores en journée (63% des Français) permet de contenir la température mais contredit frontalement notre idéal d’habitat lumineux. L’adaptation demande donc de diversifier les réponses.
À l’échelle du bâtiment, des travaux lourds comme l’utilisation d’isolants denses, de matériaux à changement de phase (MCP) ou de filtres sur la VMC double flux permettent de faire face aux excès de chaleur. Mais face au coût de ces équipements et à l’impuissance des locataires, des solutions plus agiles et réversibles doivent être déployées.
Bloquer le rayonnement directement sur les vitrages grâce à des applications de films solaires, des réflecteurs de lumière ou des traitements économiques à la craie comme le blanc de Meudon offre une isolation accessible. À l’intérieur, l’utilisation de textiles naturels et respirants comme le lin aide à créer des frontières thermiques légères. Sécuriser la ventilation nocturne à l’aide de simples entrebâilleurs ou de moustiquaires permet également d’ouvrir les fenêtres la nuit en toute sécurité, offrant à tous un réel pouvoir d’agir.
Pour éviter que le confort d’été ne devienne un privilège financier et un vecteur majeur d’inégalités, l’enjeu réside dans la diffusion d’une « thermoéducation populaire ». En transmettant les clés de l’inertie, des courants d’air et de l’évaporation, chaque habitant pourra se réapproprier l’usage de son logement et l’adapter à ses besoins fondamentaux.
