Trois clés de réussite pour passer un hiver confortable sous les 19°C
Sortir de la logique du chauffage central pour mieux chauffer les corps, réduire les températures et les dépenses sans y perdre en plaisir d’habiter : c’est le programme d’entraînement au confort sobre qu’ont suivi 14 ménages volontaires au cours de l’hiver 2024 – 2025. Ce chantier Leroy Merlin Source en partenariat avec Octopus Energy conjugue sociologie et design énergétique.
L’objectif pour les habitants concernés ? Faire l’apprentissage progressif d’un nouveau confort, grâce non pas à un accompagnement mais à un programme d’entraînement, piloté à distance par Pascal Lenormand, lors de séances de visio collective. Dans le rapport de recherche, il propose 14 vidéos d’éclairage tout au long du processus. En voici trois étapes clés.
La sobriété, la pratiquer sans en parler (ou presque)
« Moins en parle, plus ça se produit ! ». Le parti-pris de départ, c’était de ne surtout pas utiliser le terme sobriété, à cause de ses connotations négatives : pour beaucoup, il est synonyme de perte, de régression. Mieux vaut inviter les participants à essayer, expérimenter de nouvelles pratiques, pour découvrir si on peut se sentir bien malgré la réduction du chauffage. Sans expliquer la sobriété, sans en faire la pédagogie. Pascal Lenormand explique que dans le bâtiment, la sobriété est « l’inverse de l’efficacité ». Dans le bâtiment, l’efficacité passe par la bonne compréhension et la mise en œuvre de solutions techniques. Alors que la sobriété s’appuie sur l’élan et la spontanéité des habitants.
La température, un indicateur parmi d’autres
La température de l’air, celle du thermomètre, est un indicateur, mais juste un indicateur parmi d’autres. En premier lieu, c’est un indicateur très relatif, car selon le moment, la pièce, l’activité, l’habitant peut se sentir bien à 17°C comme il peut avoir froid à 19°C. Mais en plus, c’est seulement l’un des six paramètres de la sensation de chaleur. Les cinq autres sont : la température des parois, l’humidité relative, la vitesse de l’air, ainsi que le métabolisme (selon les activités menées) et l’habillement. C’est donc sur toute une palette que l’habitant peut apprendre à jouer. Un savoir accessible à tous, pour se construire une sensation de bien-être, en dehors du « dogme de la température ».
Un confort sobre pour le plaisir
Le confort moderne, constate Pascal Lenormand, est défini comme un non inconfort : c’est celui du chauffage central qui donne du ni chaud ni froid, du tiède, du neutre. Le designer énergétique lui oppose « la volupté » : un confort qu’on choisit de construire, un confort qui fait plaisir, une expérience satisfaisante. La logique du programme d’entraînement, c’est d’apprendre chacun à son rythme, pour mieux s’approprier ce nouveau confort économe.
Le confort sobre : quels résultats pour le programme d’entraînement ?
Pour les familles volontaires, cela est passé par une gamme de pratiques, d’abord testées puis installées :
- Réduire l’intensité du chauffage, en baissant progressivement la consigne de température.
- Pratiquer le zonage, une gestion spatialisée du chauffage, selon les pièces, les moments, les activités.
- Changer la programmation horaire, ou même passer en pilotage manuel pour régler finement le chauffage à tout moment.
- Couper le chauffage, partiellement ou totalement, selon les pièces ou les temps de vie.
L’ensemble exige une posture à la fois réflexive (quels besoins réels?) et actives (quels réglages à tout moment?).
L’équipe de recherche, pluri-disciplinaire, était composée des designers énergétiques Amélie et Pascal Lenormand, et des sociologues Gaëtan Brisepierre et Mathilde Joly-Pouget.