Energie & confort L’institut Caisse des dépôts et consignations pour la recherche
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L'institut Caisse des dépôts et consignations pour la recherche

Entretien avec Louis Henry, responsable des territoires et du développement durable.


Entretien

L’institut de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est un observateur attentif des quatre transitions à l’oeuvre dans nos sociétés. Retour sur ce financeur et accompagnateur de recherches avec son responsable des territoires et du développement durable, Louis Henry.

Qu’est-ce que l’institut Caisse des dépôts et consignations pour la recherche ?

C’est un programme qui se situe au sein du département de la stratégie. Il accompagne et soutient financièrement des travaux de recherche dans les champs d’intervention stratégiques du groupe Caisse des dépôts. Comme par exemple : la transition démographique, la transition écologique et énergétique, la transition numérique et la transition territoriale. En partenariat avec des universités, des instituts et/ou des organismes publics, il contribue donc à de nouveaux travaux, en articulation avec les questionnements opérationnels du groupe. Le groupe intervient de façon transversale à partir de la recherche entre les différents métiers. Il organise la valorisation des résultats dans le cadre de contributions au débat public. Et il nourrit aussi la réflexion stratégique interne à partir des nouvelles tendances identifiées.

 

Quels sont les sujets de recherche en lien avec les préoccupations de LEROY MERLIN Source et soutenus par l’Institut CDC pour la Recherche ?

Nous avons rendu publics les résultats d’une recherche sur la « Décentralisation énergétique et innovations territoriales : une comparaison européenne dans les secteurs de l’éolien, de la biomasse et du photovoltaïque » que Sciences-Po Paris a porté. Avec le département politique de la ville et développement urbain de la Caisse des dépôts, nous avons soutenu une recherche sous la direction de Jean-Jacques Terrin (école nationale supérieure d’architecture de Versailles) et Burçu Ozdirlik (Lab’Urba). Cette recherche s’intitule « Le projet négocié dans un contexte de développement durable : méthodes et outils participatifs ». Elle a été publiée en 2015 aux éditions de l’Aube sous le titre « La conception en question ; la place des usagers dans les processus de projet ». Autre exemple, avec le même département, Luc Chelly et Bouchra Zrida d’Entreprendre et Comprendre, et Estelle Durand d’Etics (université de Tours), ont travaillé sur le thème « Les écoquartiers dans la ville : loger, habiter, être ».

Actuellement, nous accompagnons une soixantaine d’études. Des étudiants de Sciences-Po Paris travaillent sur la place de l’eau en ville. Ceux de l’Essec(1) sur les méthodes de l’économie sociale et solidaire appliquées à la démocratie participative, etc. Nous nous intéressons à des sujets de recherche qui concernent l’intérêt général. Car c’est la finalité de la Caisse des dépôts. Ainsi, sur la question du numérique, nous cherchons comment les systèmes de recueil et de gestion des données peuvent y contribuer.

 

La transition démographique est un de vos axes de travail : quels sont les enjeux de cette évolution de notre société et comment la Caisse des dépôts y répond-elle ?

Plus de 22 millions de personnes auront plus de 60 ans d’ici 2040 en France. Nous vivons dans une société vieillissante. L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire sans incapacité, tourne aujourd’hui autour de 63 ans : c’est jeune. Cela signifie une longue période pendant laquelle on vit sans être en pleine santé. Où la vie quotidienne pose des questions importantes à la société. Notamment celles des retraites, de l’adaptation du logement, de l’aide sociale, de la prévention des risques, etc. Cela signifie des établissements d’accueil et des résidences avec services à créer. C’est le travail du fonds d’épargne et de la direction des investissements de la Caisse des dépôts.

Il faut aussi soutenir les personnes âgées afin qu’elles restent le plus longtemps possible chez elles. La CDC a apporté sa contribution à un outil, Certivia. Celui-ci doit pallier à la baisse structurelle de leurs revenus et à améliorer leur vie quotidienne. Et cela en favorisant leur maintien à domicile grâce à la sécurisation du marché du viager. Via Certivia, la Caisse des dépôts et ses partenaires achètent en viager des logements occupés et garantissent à l’usufruitier un revenu. L’institution, en mutualisant le risque, n’est pas dans la même situation qu’un propriétaire particulier. Ce qui rend les choses beaucoup plus saines. La Caisse des Dépôts, via sa filiale SNI², développe également un programme d’adaptation de logements qui lui permettra de disposer en 2020 de près de 14 000 logements adaptés. Soit dans ses constructions neuves, soit dans ses programmes de réhabilitation (aménagement des parties communes et de l’environnement des immeubles ainsi que des logements).

Propos recueillis par Christel Leca

1 École supérieure des sciences économiques et commerciales, Cergy-Pontoise.
2 Société nationale immobilière : http://www.groupesni.fr

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