Partenariat de recherche avec le PUCA
Les copropriétés intergénérationnelles horizontales, donc composée de maisons, sont-elles soutenantes pour les personnes âgées voire très âgées, grâce à la proximité supposée avec leurs voisins ? C’est l’objet de la recherche menée par le PUCA – Plan Urbanisme Construction Architecture, service interministériel en charge de recherches, avec le soutien de Leroy Merlin Source. Nom de code : Mes vieux voisins ! Cette étude, sur trois copropriétés à Toulouse et en Belgique, apporte des éléments pour dire le contraire : la copropriété horizontale n’est pas nécessairement bienveillante, au contraire parfois quand les instances de gestion imposent des règles rigides. Et la vie en maisons devient difficile avec la perte d’autonomie. Mais bien d’autres résultats apparaissent dans cette étude.
Jeunes et vieux, anciens et nouveaux : les différents profils en copropriété intergénérationnelle
Comme l’indique la préface du cahier de recherche édité début 2026 : « vieillir chez soi, cohabiter avec de nouveaux arrivants, partager des espaces communs aux usages et aux significations multiples : les copropriétés constituent aujourd’hui des laboratoires ordinaires des transformations sociales, résidentielles et générationnelles ». L’équipe, composée de Manon Leroy, Audrey Courbebaisse, Lolita Rubens, Marta Malinverni et Lukas Pomme, propose un regard ancré dans les situations vécues de voisinage, loin des catégorisations simplificatrices qui opposeraient mécaniquement « anciens » et « nouveaux », « vieux » et « jeunes ».
Il apparaît ainsi que l’opposition entre jeunes et vieux habitants ne fait pas sens dans les copropriétés intergénérationnelles. Les affinités et contradictions se jouent aussi entre anciens occupants, parfois gardiens de la culture du lieu, et des nouveaux arrivés de culture différente. Alors des alliances se tissent entre les uns et les autres au gré des projets et surtout selon les valeurs que partagent certains habitants.
La recherche de la bonne échelle
Autre résultat important de cette recherche, finalement intitulée Habiter et voisiner dans les espaces de copropriétés intergénérationnelles : dans ces groupes de nombreuses maisons (plusieurs dizaines parfois), les habitants cherchent une plus petite échelle pour bien voisiner. Par groupes de trois ou quatre maisons, ou en investissant des seuils partagés par exemple. C’est donc un enjeu d’architecture favorisant ou pas le bon voisinage.
Quels espaces et moments pour échanger dans les copropriétés intergénérationnelles ?
Comment imaginer des « scènes », des moments propices pour échanger entre voisins ? Les instances de gestion de la copropriété ne s’y prêtent pas, et qui plus est les locataires n’y sont pas présents. Et dès lors que les habitants ne partagent pas les mêmes valeurs, le plus souvent ils évitent les échanges d’idées pour éviter le conflit. La recherche ouvre des pistes pour que les voisins puissent collaborer : s’autoriser la confrontation d’idées, construire des décisions sur des enjeux communs tels que l’utilisation des extérieurs.
Ce rapport de recherche s’inscrit dans le programme de recherche (Ré)gé(né)rer les copropriétés, initié par le PUCA en 2021 et qui vient de s’achever. Voir par ailleurs l’entretien avec Eva Simon, coordinatrice de ce programme, qui en fait le bilan.
Les dessins repris ici proposent notamment des relevés habités individuels dans ces copropriétés. Ils ont été réalisés par Lukas Pomme, étudiant de master à la faculté d’architecture LOCI de l’Université Catholique de Louvain au moment de la recherche.
