Architecture & urbanisme Architecture Architectures traditionnelles de la panaméricaine avec Nhomade
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Architectures traditionnelles de la panaméricaine avec Nhomade

Un duo de jeunes architectes en partance sur les routes de la Panaméricaine


Entretien

Conjuguer leurs deux passions, l’architecture et le voyage : Laëtitia Mire et Valentin Douget ont créé Nhomade. Association itinérante d’architecture, pour donner un cadre à leur grand projet. Leur voyage dure 15 mois sur les routes de la panaméricaine. De Ushuaia à la pointe sud de l’Argentine jusqu’à Vancouver au Canada, ils partent à la découverte des architectures traditionnelles.

Leroy Merlin les soutient et les suit tout au long de leur périple. Ils nous ont présenté leurs intentions avant leur départ pour l’Argentine.

 

Comment est né le projet ?Entretien Nhomade

Valentin Douget: Le projet a mûri depuis plus de deux ans, depuis que nous avons fini nos études d’architecture, sachant que nous avons aussi eu l’occasion de faire quelques voyages. Nous avons souhaité créer une entité qui rassemble nos deux passions, l’architecture et le voyage. D’où la création de N’HOMADE. Pour essayer d’aller chercher de nouvelles façons d’habiter à l’échelle internationale. Pour aller plus loin que l’architecture et le bâti tels que nous les connaissons à l’échelle française.

 

Pourquoi sur le continent américain, pourquoi du sud au nord ? Et pourquoi le thème de l’habitat vernaculaire ?

Valentin : Initialement on avait envisagé un tour du monde de la diversité des habitats. Puis on s’est recentré sur un seul continent, pour éviter les sur-déplacements en avion , très énergivores. Mais aussi pour travailler plus en profondeur sur les types d’habitat que nous allons rencontrer. L’intérêt de l’Amérique c’est d’être un continent très contrasté par ses climats, ses cultures… Et l’habitat vernaculaire est le thème qui s’impose pour nous. On constate aujourd’hui un processus d’industrialisation de l’architecture en général, de l’habitat en particulier. Mais nous sommes convaincus que les savoir-faire traditionnels ont à nous apprendre. Et peuvent nourrir nos réflexions pour des constructions plus durables, ici en France et aussi plus largement. L’envie nous démange d’explorer cela, en tant qu’architecte et en tant que citoyen. Aller voir ailleurs pour ensuite enrichir la conception architecturale ici !

Laetitia Mire: notre pratique aujourd’hui est contrainte par des standards et des normes qui s’imposent à nous. Nous voulons à l’avenir travailler sur l’habitat. Et donc nous voulons enrichir notre culture en la matière, trouver de nouvelles inspirations, se nourrir de nos rencontres pour développer des alternatives à la production ordinaire.

Quels contacts avez-vous pu avoir avant votre départ ?

Laetitia : On est entré en relation avec des personnes en Amérique du Sud : associations locales ou architectes dans la mouvance de l’habitat vernaculaire. On a eu le plaisir de recevoir beaucoup de réponses positives pour des rencontres futures, notamment en Équateur et au Pérou, en Colombie et sur l’ile de Chiloé au Chili… On a beaucoup d’autres envies, des références qu’on a repérées et qui nous sont chères. Comme les habitations patagoniennes, les constructions en sel en Bolivie, une association qui construit en bambou en Colombie… Certains rendez-vous sont déjà pris, par exemple avec un collectif d’architectes qui propose des constructions participatives à des communautés équatoriennes. Ou encore au Chili avec le collectif Elemental qui fabrique de l’habitat social avec là-aussi une dimension participative, etc.

 

Et où en êtes-vous de votre préparation sur le plan pratique ?

Laetitia : On a eu tout à déblayer en même temps. Chercher des financements, publics et privés, avec y compris une campagne de financement participatif qui a très bien fonctionné puisque on a dépassé la somme souhaitée. Trouver un véhicule, qu’on a repéré via internet en Uruguay et qu’on a acquis. Préparer tout le matériel et les équipements, notamment photographiques.

 

Comment comptez-vous travailler au fil du voyage ?

Valentin : Je ferai de la photo, c’est un outil privilégié pour capter des scènes de vie, des choses spontanées, en s’adaptant à chaque fois au contexte. Ça pourra être des séries de portraits, et aussi bien sûr de la prise de vue architecturale. On va évidemment dessiner aussi. Nous allons retrouver le plaisir d’utiliser le crayon et non plus seulement l’ordinateur comme c’est le cas en agence. Croquer, faire du plan, relever des détails techniques, de manière à pouvoir ensuite analyser et comprendre comment les choses sont assemblées. On mènera aussi des entretiens, au cas par cas, sur place.

Et puis nous serons en relation, au fil du voyage, avec une classe de CM2 à qui nous avons rendu visite au début de l’année scolaire.  Leur enseignante pourra ainsi leur enseigner la géographie, les langues, la culture, voire l’architecture. Et nous pourrons échanger sur le dessin !

Laetitia : on fera aussi des articles régulièrement sur notre mode de vie nomade avec notre van sur notre site nhomade.com.

Valentin : on y écrira des articles régulièrement, en fonction des connexions internet qu’on trouvera, sur le site et sur facebook. On communiquera par mail avec les élèves de CM2.

carte et date

Souhaitez-vous aussi raconter l’habiter ?

Valentin : ce sera sans doute plus facile de décrire la « coquille », ce qu’on définit comme « habitat vernaculaire ». Mais on s’efforcera d’aller plus loin, notamment grâce aux entretiens. Nous ferons de la prise de son, pour ramener aussi des ambiances sonores pour les expositions que nous ferons à notre retour. Nous imaginons d’associer la photo, qui fige l’espace, avec le son, qui permet d’interpréter ce qui se joue dans l’habitat.

Comment le voyage va-t-il commencer ?

Valentin : nous partons à Buenos Aires le 22 octobre 2015. Nous devons planifier plus précisément notre roadbook, pour le premier mois de voyage. Nous devrons alors aller chercher notre véhicule en Uruguay, avant de descendre plein sud vers la Terre de Feu. On rêve tous les deux de la Patagonie, Laetitia attend avec impatience le Pérou. Mais on va aussi se laisser porter, s’ouvrir à l’inattendu : c’est la richesse d’un tel voyage.

Laetitia : on sait que les premiers mois vont être denses, très dépaysants. Les six premiers mois seront intenses, à tout point de vue : les paysages, l’architecture et les rencontres.

 

Entretien réalisé par Denis Bernadet en octobre 2015

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