Non classé Les nouvelles formes d’habitat des personnes en situation de handicap – 2

Les nouvelles formes d'habitat des personnes en situation de handicap - 2

Vidéos de la journée d'étude du 1er décembre 2009, Paris


La troisième journée d’étude co-organisée par Leroy Merlin Source et l’Adere a permis de réunir autour de la thématique des Nouvelles formes d’habitat des personnes en situation de handicap plus de 300 participants dont des représentants des grandes associations (ALGI, AFM, APF, Petits Frères des Pauvres, …), du ministère de l’Ecologie et du développement  durable et de l’ANAH, des fournisseurs de matériel (Legrand, Somfy), des constructeurs et promoteurs (Bouygues…), et de nombreux professionnels du handicap et de l’habitat.

Ci-dessous, vous trouverez les vidéos des entretiens avec leurs transcriptions.

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Marcel Nuss
Ecrivain et Conférencier, consultant et formateur dans l’accompagnement à la personne – 1’41’’
L’habitat ne doit pas stigmatiser la personne handicapée

« Pour moi l’habitat n’a de sens que si la personne fait corps avec lui. La personne ne doit pas se sentir handicapée dans son habitat ou constamment ramenée à son handicap par un aménagement inadapté, car on ne peut pas bien vivre dans un endroit qui vous rappelle sans cesse que vous êtes handicapé.
L’habitat idéal, c’est celui dans lequel on arrive à se fondre, donc à être bien avec soi-même. L’habitat ne doit pas médicaliser la personne, il doit lui offrir un maximum d’autonomie par rapport à ses besoins. Du moment où on a des réponses standard, on standardise la personne. Et si vous êtes standardisé, vous n’êtes plus un individu, vous êtes une chose, et c’est ce qu’il faut refuser aujourd’hui.»

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(conseil national consultatif des personnes handicapées) et ex délégué interministériel aux personnes handicapées

Patrick Gohet

Président du CNCPH« Associer pleinement la personne handicapée à la conception de son logement »
1’37’’

« Dans notre représentation culturelle, la question du handicap est une question à part, qui concerne des femmes et des hommes particuliers, à qui on apporte des réponses singulières. Il faut vraiment sortir de cette approche pour répondre aux besoins des personnes concernées aujourd’hui, ou de celles qui le seront demain.
Il faut considérer que le logement est, pour tout un chacun, le lieu où on mène sa vie privée, où on se ressource, où on s’adonne à ses talents. Il y a d’autres lieux, mais le logement en est un, tout particulièrement.
L’institution n’est pas obligatoirement la solution pour la personne handicapée. Il faut donc que le logement soit adapté. Et il faut réfléchir aux différentes formes d’adaptation ; pas seulement celles pour le handicap moteur, mais aussi celles pour le handicap auditif ou visuel.
La grande révolution culturelle qu’il nous faut faire, et il faut que la conception du logement y concourre, c’est qu’il faut que la personne handicapée soit partie prenante de ce qui la concerne ou de ce qui concerne la communauté à laquelle elle appartient. Il faut donc lui donner la possibilité de s’exprimer, de dire par exemple ce à quoi elle aspire, et l’écouter. Ce n’est pas seulement lui réserver une écoute bienveillante par solidarité, mais il faut aussi inscrire ses aspirations dans ce que l’on fait. »

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Fiorella de Gennaro
Membre du conseil consultatif des personnes handicapées d’Ile de France
« Revendiquer le droit individuel à un logement autonome »
1’33’’

« Dans mes engagements, en entrant dans le conseil consultatif auquel j’appartiens, je me suis aperçue qu’on parlait de places d’hébergement, on ne parlait pas de logement autonome. Donc, de manière récurrente, j’ai amené en permanence la problématique de l’accès à un logement autonome, c’est-à-dire être dans l’esprit de la loi, du projet de vie, des recommandations qu’on peut voir dans les rapports européens et internationaux. Cette loi devait être normalement le guichet unique, facilitateur. Dans les faits, on s’aperçoit que ce n’est pas du tout ça, que c’est toujours le parcours du combattant.
Il existe le temps institutionnel, le temps des associations, et le temps des individus. Alors leurs droits sont inscrits. Mais certains individus ont vraiment l’impression qu’ils risquent de les voir passer, et que leur existence passe. Ils ont besoin de réponses rapides.
J’appuie tout particulièrement sur cet accès au logement social puisqu’une grande partie des personnes handicapées vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il faut le dire. Il y a eu un tel déficit au niveau de la scolarité, on le voit bien dans la formation à l’emploi qualifié, donc de l’accès à l’emploi, et forcément sur le reste de la chaîne. C’est aussi une de nos revendications : des ressources dignes. »

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Bernadette Moreau
Directrice de la compensation, Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie
« Prestation de compensation du handicap et aménagements du logement »
1’10’’

« La prestation de compensation mise en place par la loi du 11 février 2005 prévoit un volet spécifique pour l’aide au logement dans le cas du logement individuel des personnes handicapées.
Une évaluation des besoins est faite par l’équipe pluridisciplinaire de la maison départementale qui s’appuie sur le projet de vie de la personne, c’est-à-dire ses souhaits et ses aspirations, qui analyse son environnement et évalue ses besoins. Et à ce titre là, elle peut,  dans le cadre du plan personnalisé de compensation, proposer des aides pour l’aménagement du logement. Ce sont des dépenses qui grèvent lourdement un budget familial. La prestation de compensation peut couvrir jusqu’à 10 000 euros sur 10 ans. En moyenne, le financement est de 3 000 euros par décision.
Outre le cofinancement des prestations versées par les conseils généraux, nous avons un rôle d’animation au niveau national de l’ensemble des intervenants des maisons départementales. Nous rassemblons ces professionnels, nous construisons avec eux des bonnes pratiques, des manières de faire, en vue d’harmoniser les prises de décisions au niveau national. »

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Bruno Voyer
Administrateur de l’Union Nationale des Amis et Familles de Malades Psychiques
« Handicap psychique : un manque de logement pour des parcours résidentiels évolutifs »
1’40’’

« On a pris un retard considérable qu’on estime entre 20 et 30 ans. On estime qu’aujourd’hui c’est une population abandonnée. Avant, elle vivait dans des hôpitaux psychiatriques, mais peu à peu les lits ont fermé (on parle d’un lit sur deux en 20 ans). Et la société n’a pas fait grand-chose pour l’accueillir.
Nous devons développer plusieurs types de logement. La solution, ce n’est pas un seul logement comme la résidence accueil ou le logement associatif. On n’est pas dans quelque chose de linéaire. Cela est du à la maladie psychique : c’est une maladie chronique, variable et imprévisible. Il faut bien l’avoir en tête. Une personne qui va développer cette maladie, et qui aura donc ce handicap, aura un parcours de vie qui sera parfois à l’hôpital, parfois dans un appartement associatif, parfois aussi dans une résidence accueil, et parfois dans la famille. Il faudra donc s’adapter à ce qu’elle vit. »

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Anny Devevey
Directrice du service résidentiel des Papillons Blancs de Beaune (Côted’Or)
« Handicap mental : ouvrir l’accès au logement individuel »
1’38’’

« Aux Papillons blancs de Beaune nous accueillons 54 personnes en situation de handicap mental [dans le cadre du service résidentiel. L’association gère aussi un Institut médico-éducatif, un foyer d’accueil médicalisé, un Esat et une entreprise adaptée], et nous avons aussi une place d’accueil temporaire.
Depuis les années 1980, nous avons fait le choix de diversifier l’habitat, pour que les personnes qui le souhaitent puissent accéder à du logement individuel. Nous avons opéré des transformations successives de l’institution et nous avons ouvert nos résidences dans divers quartiers de l’agglomération beaunoise pour permettre une vie plus proche d’une vie normale et pour répondre aux attentes des personnes. C’est grâce à leur écoute qu’on a pu évoluer dans notre représentation de leurs besoins, et de leur possibilité de vie. Quand on leur en donne l’occasion, elles sont capables de compétences malgré leurs difficultés. Je pense que beaucoup de personnes pourraient avoir accès au logement individuel. Les freins ne viennent pas d’elles, mais souvent de la société elle même. La collectivité « surhandicape » la personne handicapée puisqu’elle l’oblige à vivre à l’âge adulte dans des conditions qui ne sont pas celles d’une vie ordinaire, elle la prive de toute intimité, de toute vie privée, et c’est dommageable pour elle. »

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Caroline Louviot
Chef du service d’accompagnement à la vie sociale, Espoir 54
« L’expérience d’un appartement d’évaluation pour des personnes en situation de handicap psychique »
1’05’’

« Je travaille dans un service d’accompagnement à la vie sociale où la question du logement est primordiale. On a mis en place un appartement d’évaluation qui permet aux usagers qui sont en situation de handicap psychique de tester leur capacité d’autonomie.

L’idée, c’est que ces personnes puissent faire un essai de 24 heures à 3 mois pour voir si elles sont capables et si elles ont envie de vivre en autonomie par la suite.

Le professionnel référent passe quotidiennement, et fait le point sur les courses, le ménage, l’environnement qui leur conviendrait le mieux (pour le transport par exemple), savoir si les parents doivent être proches ou pas. Il intervient également sur la question de la prestation de compensation, puisqu’on fait partie des équipes réseaux pour l’évaluation de cette prestation en terme d’aide humaine surtout. C’est une solution parmi d’autres, mais c’est un outil qui peut être vraiment intéressant dans le cadre du handicap psychique. »

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Régis Herbin
Architecte – urbaniste, expert en Haute Qualité d’Usage©
« Haute Qualité d’Usage : passer de l’adaptation pour certain à la qualité pour tous »
1’14’’

« Dans le logement, on connaît assez bien tous les aménagements pour des personnes en fauteuil roulant, ce sont tous les problèmes d’élargissements, de côtes, de normes, etc.
Pour la prise en compte de toute la dimension psychique, sensorielle, ou de perception, on va travailler sur les couleurs, les lumières, la qualité des sols, les types de préhension, la mise en place d’équipements spécifiques, éventuellement domotiques.
Au lieu de se limiter aux services pour les personnes handicapées, on resitue ce problème-là dans la qualité d’usage pour l’ensemble des usagers.
L’usager [en situation de handicap], c’est un révélateur, un amplificateur des besoins. Lui, il nous montre en plus grande dimension les besoins de tout le monde.
Ensuite, au moment de la livraison, on remet en place le processus avec l’usager. On va lui livrer l’édifice, on va l’aider à s’approprier l’espace et lui expliquer. Il ne suffit pas de lui expliquer le mode d’emploi, il faut aussi qu’il puisse se l’approprier sur les dimensions motrices, sensorielles et intellectuelles. »

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Gilles Germain
Relais régional Cadre de Vie, Association des Paralysés de France, Ile de France
« Aménager les parties communes des logements collectifs »
1’38’’

«Il est vrai que les parties communes sont  un petit peu le parent oublié dans la question de l’habitat. On parle beaucoup d’aménager l’habitat et on oublie souvent que la partie commune est obligatoirement traversée par la personne handicapée. Il faut donc prendre en compte l’accessibilité de ce passage, qui est un lien avec la vie et avec la vie extérieure.

La difficulté, c’est de trouver une cohérence entre tous les partenaires possibles, cohérence au niveau de l’aménagement et cohérence du financement possible des aménagements indispensables.

On a constaté qu’il y a une très grande disparité entre l’habitat public et l’habitat de copropriété. Il y a vraiment d’énormes écueils pour obtenir ne serait-ce que la décision d’aménager les parties communes, avant même de trouver les financements. La notion du handicap fait encore peur, et les gens rechignent à aménager leur habitat privé dans la perspective du handicap.

Je crois que l’idée qui peut être plus forte, c’est de faire entrer l’accessibilité dans la notion d’aménagement durable. C’est quelque chose de très porteur en ce moment et qui peut bénéficier de cofinancements. Si on intègre vraiment bien l’accessibilité dans le développement durable, ça peut ouvrir des perspectives.

Je ne crois pas à la coercition, c’est un côté négatif de l’accessibilité. Il vaut mieux faire comprendre que l’accessibilité sert à tout le monde, et pas uniquement à une petite partie de la population. Ça peut, peut-être, déclencher de plus grands moyens pour mettre en œuvre l’accessibilité puisqu’on peut dire que ça concerne toute la population. »

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Serge Laurent
Professeur honoraire, agrégé de génie électrique, expert Afnor et Puca
« Habitat universel : une utopie réalisable »
00’45’’

« C’est tout à fait réalisable concrètement, mais à condition d’avoir une volonté politique. Je pense qu’aujourd’hui, on est dans des politiques du discours, mais assez loin des politiques d’application. Sur le terrain, on s’aperçoit que beaucoup de réglementations ne peuvent pas être appliquées par un manque d’argent du Conseil Général, de la Ville ou de l’Etat. Aujourd’hui, c’est une utopie de penser que ça pourrait se faire, mais ce n’est pas une utopie de penser que techniquement, politiquement, ça ne pourrait pas se faire. »

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